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jeudi 3 octobre 2013

La Gifle


La Gifle

À l’occasion de ses 40 ans, Hector, fonctionnaire d’origine grec marié à Aisha et père de deux enfants, a convié sa famille et ses amis à un barbecue. Les enfants chahutent, les adultes discutent tranquillement. Mais alors que la fête bat son plein, Hector ne peut détacher ses yeux de Connie, la baby-sitter de 17 ans. Brusquement, son cousin Harry, excédé par le comportement violent du petit Hugo, se lève et lui assène une gifle. Rosie et Gary, les parents de l’enfant, crient au scandale et jurent de porter l’affaire devant la justice. Les invités quittent les lieux. Hector, qui s’est tenu à l’écart, doit maintenant faire face à la déception d’Aisha, qui lui reproche d’avoir pris le parti de son cousin au détriment de sa meilleure amie.

Ici, nous sommes à des années-lumière d’Hollywood et du grand spectacle : La Gifle, série australienne tirée du roman éponyme de Christos Tsiolkas, se démarque d’entrée de jeu par sa sobriété ; sobriété de ton et de justesse, importance donné aux sentiments des divers protagonistes, mise en avant d’éléments de la vie quotidienne, en regardant cette série, le spectateur comprends assez rapidement que ce qu’il voit à l’écran, ce n’est nullement du rêve et des paillettes mais une histoire, ou plutôt devrais-je dire des histoires qui pourraient parfaitement lui arriver. Car au vu du synopsis de départ – en plein barbecue familial comme il y en a tant de par le monde chaque week-end, un homme, excédé par les caprices d’un enfant intenable lui donne une gifle, ce qui va entrainer bien des rebondissements dans la vie de la plus part des convives présents – banal au possible, aux divers secrets et comportements pas toujours très nets des divers protagonistes, comment ne pas se reconnaitre, ici ou là, dans l’histoire narrée au fil des huit épisodes qui composent cette mini-série ? Bien évidemment, tout cela est romancée, bien évidemment, tout le monde n’est pas comme ça… quoi que, des histoires et des secrets de familles, vous n’en avez pas ? Des gens qui ne se parlent pas, qui ne se supportent pas, de l’adultère, des défauts en veut-tu en voilà, des remises en questions, des incompréhensions au sein d’une même famille, entre amis ? Qui n’a jamais connu cela ? Franchement, personne. Et donc, quand on regarde une série comme La Gifle, quand on suit, attentivement, épisode après épisode, chacun de ceux-ci mettant en avant un protagoniste principal afin que l’on puisse suivre l’histoire selon son point de vue personnel, comment ne pas se reconnaitre soit même ou un proche, comment, du coup, ne pas être captiver par l’avancée des événements, les nombreuses disputes, les mauvais et les bons choix des personnages, personnages qui, au demeurant, possèdent tous leur part d’ombre. Et oui, rien n’est blanc, rien n’est blanc dans La Gifle, tout est en nuance, tout le monde commet des erreurs et personne, mais alors là personne n’est tout à fait net. Servi par une distribution d’acteurs qui ne sont pas des stars mais qui sont tout bonnement exceptionnels, La Gifle, tant de par son scénario, son ton, la justesse de son intrigue, son coté réfléchi et sa grande humanité est une véritable petite merveille que je ne peux que vous conseiller si vous êtes du genre à aller plus loin que les vulgaires séries policières ou comiques. Mais attention, ici, personne n’a tout à fait raison ou tout à fait tort, personne n’est parfait et personne n’est bourré de défauts, La Gifle est tout juste l’histoire d’une famille, d’amis, qui essaient de faire au mieux, qui font souvent des mauvais choix et qui ne sont pas forcément heureux pour la plus part, finalement, comme dans la vraie vie, non ?

dimanche 29 septembre 2013

Un heureux événement


Un heureux événement

Quand est-ce qu'une histoire commence ? Au premier rendez-vous ? Au premier baiser ? Au premier Je t'aime ? « On était heureux, amoureux, au bout du monde. Par désir, par amour, par folie, on a fait un enfant. En fait, tout a commencé là ! ».

Si je dois avouer que dès le sujet de ce film, je ne m’attendais nullement à ressentir le même plaisir qu’avec Le premier jour du reste de ta vie, force est de constater que je m’attendais néanmoins à passer un moment agréable devant ce qui était présenté comme une comédie sur la grossesse et la vie de couple après la naissance. Sauf que, en fait, je m’étais un peu fait d’illusions sur ce film, m’attendant à une stricte comédie alors qu’en fait, l’intrigue en est fort éloignée puisque, si je ne nie pas que l’on peut sourire par moments, pendant la majeure partie des une heures quarante que durent ce film, on fait plus la grimace qu’autre chose : en effet, Un heureux événement, tiré du roman éponyme d’Éliette Abecassis, traite certes de la grossesse et des bouleversements qu’entraine l’arrivée d’un nouveau-né au sein d’un couple mais en aucune façon de manière positive ou drôle, le contraire étant plutôt exact. Ici, et sans faire trop de spoilers, disons que l’on passe de la vision de contes de fées de la grossesse a la vision cauchemardesque, bref, on passe d’un extrême a l’autre : en effet, ici, l’on comprend très rapidement que tout va aller mal, que cette belle petite histoire d’amour qui débutait si bien, qui promettait tant, va exploser en plein vol et que cet enfant, conçu par amour, sera à l’origine de la fin de ce même amour. Et du coup, alors que le spectateur néophyte pouvait s’attendre à une œuvre banal où, a un moment donné de l’intrigue, il y allait avoir des tensions mais où tout finirai bien, il se prendra au final coups sur coups, finissant même par se demander, si jamais il était dans ses projets de faire un bébé, s’il ne devait pas plutôt changer d’avis finalement !? Bien évidemment, ce parti pris qui ne nous montre quasiment que les mauvais côtés de la grossesse et de l’arrivée d’un nouveau-né en aura déplu a plus d’un et certes, tout cela est tout de même assez caricatural, cependant, si au final, je n’aurai pas forcément été emballer par ce film, mais sans le trouver mauvais en soit, ce n’est pas pour cela : déjà, je conçois parfaitement que oui, l’on puisse nous présenter une œuvre où l’arrivée d’un enfant ne soit pas un miracle de la vie qui n’apportera que du bonheur car en effet, des couples se séparent parfois après une naissance. Cependant, je trouve que l’ensemble s’attarde un peu trop sur certains stéréotypes, que ces personnages sont caricaturaux au possibles (et franchement, j’en ai assez de ses bobos qui squattent le cinéma français) et que, surtout, a un moment donné, quand on réalise une œuvre, quel qu’elle soit, et bien, on se donne la peine de bien la finir : non mais c’est quoi cette pseudo fin en queue de poisson où l’on ne sait même pas s’ils se remettent ensemble ou pas ou si l’héroïne – Louise Bourgoin, plutôt pas mal dans ce rôle – attend un autre enfant ou pas ? Ma femme ayant lu le roman, elle m’a expliqué la fin de celui-ci, mais sans cela, allez donc comprendre quoi que ce soit à cette fin ouverte… ou plutôt bancale !? Bon, j’ai conscience que j’ai probablement été dur avec cet Heureux événement surtout que, avec du recul, je n’ai pas passé un mauvais moment à le regarder et que, même avec une fin ratée, ces quelques défauts dont je vous ai parlé et ce côté plutôt sombre d’une grossesse et du bouleversement que représente l’arrivée d’un enfant au sein d’un couple, le tout est plutôt bien filmer et les acteurs suffisamment bons. Mais bon, d’un autre côté, a aucun moment, je n’ai été emballé par l’histoire, a aucun moment, je me suis senti captiver par un scénario sans surprises et hautement prévisible qui serai peut-être mieux passé si cela avait été un vulgaire téléfilm diffusé l’après-midi en semaine : sympathique à regarder mais sans génie et que l’on oublie rapidement… Hum, mais j’y pense (et là, je pense que je vais en faire hurler plus d’un), c’est fou ce que j’ai l’impression que tout un tas de films français ressemblent à ces fameux téléfilms américains, allemands, australiens (ou de je ne sais quel pays), vous ne trouvez pas ?

mercredi 25 septembre 2013

12 Hommes en colère


12 Hommes en colère

Un jeune homme d'origine modeste est accusé du meurtre de son père et risque la peine de mort. Le jury composé de douze hommes se retire pour délibérer et procède immédiatement à un vote : onze votent coupable, or la décision doit être prise à l'unanimité. Le juré qui a voté non-coupable, sommé de se justifier, explique qu'il a un doute et que la vie d'un homme mérite quelques heures de discussion. Il s'emploie alors à les convaincre un par un.

Il faut dire que très peu de films peuvent se targuer d'être à la fois des classiques intemporels, des films phares de leur genre, des traités profondément bouleversants sur la nature humaine et, avant tout, des leçons de cinéma tout simplement parfaites. 12 hommes en colère est tout cela et encore bien plus, puisqu'il fait figure de premier film le plus accompli depuis Citizen Kane et de meilleur film d'un réalisateur,  Sidney Lumet, qui ne devait connaître sa période faste que quinze ans plus tard. En somme, ce chef-d’œuvre incontestable est, même un demi-siècle après sa sortie, un des films qui expriment le mieux la lutte de l'homme entre l'idéalisme et toutes sortes de diversions plus ou moins nuisibles. Cette étude de caractère hors pair ne s'encombre d'aucun élément superflu ou insignifiant. Et pourtant, le récit ne se plie point sous le poids des valeurs qu'il transmet. Au contraire, le basculement laborieux du vote des jurés fonctionne comme un thriller palpitant, sous la chaleur étouffante de la pièce qui colle littéralement le spectateur sur son fauteuil ! Et donc, même après l'avoir vu environ une demi-douzaine de fois, je suis toujours autant fasciné par le suspense que le scénario génial crée à coups de détails minutieux. Le rassemblement progressif du puzzle, qui fera tomber les jurés trop sûrs d'eux un par un, demeure cependant exceptionnellement sobre, voire anodin. A l'image de cette dispersion finale et définitive, le scénario ne prétend jamais à ce qui se passe dans cette pièce étouffante soit vraiment exceptionnel dans le fonctionnement implacable de la justice. Et pourtant, la plupart des motivations honnêtes ou intéressées qui constituent le spectre du comportement humain y passent en revue, sans que le trait ne soit jamais forcé – une des grandes forces, justement, du film. Certes, le mécanisme d'expression sociale ne fonctionnerait probablement plus de la même façon de nos jours et d’ailleurs, le fait que la quasi intégralité de l’intrigue se déroule dans la même pièce et que la caméra bouge à peine pourrait en gêner plus d’un spectateur moderne qui trouverait tout cela « chiant au possible et sans intérêt ». Cependant, le scénario magnifique de Reginald Rose sait garder les particularités qui dateraient l'action à un strict minimum. Pour contrebalancer l'idéalisme éclairé du juré, Henri Fonda bien sûr, par qui le raz de marée commence, la mise en scène, incroyablement maîtrisée pour un premier film de cinéma, laisse planer le doute sur la procédure entière. Car justement, et c’est là aussi l’une des grandes forces pour ne pas dire le coup de génie de ce 12 hommes en colère : et si l'accusé était vraiment coupable ? Et si, à force de chercher des incohérences dans l'édifice des preuves, les partisans du « non coupable » ne pèchent par un excès de zèle aussi peu justifié que l'acharnement de leurs adversaires bornés ? Lumet et Rose n'imposent aucune solution facile à ce dilemme qui est, en fin de compte, celui de la quête impossible d'une vérité absolue. Et alors, quand tombe le verdict, que les douze jurés décident, au vu de leurs nombreux doutes, de déclarer l’accusé non coupable, le spectateur ne peut s’empêcher de se dire que si ça se trouve, ils se sont tromper, que oui, ce jeune homme accusé de parricide a bel et bien tué son père de sang-froid et qu’il y a eu, du coup, une erreur judiciaire. Mais au vu de tous ces doutes, qui sait si l’accusé n’était pas innocent, qui sait si, par le biais d’une âpre lutte, les jurés ne viennent pas de sauver un innocent de la chaise électrique ? Oui, comment savoir ? La vérité, personne ne la connaitra jamais, seul subsistera ce fameux doute. Bien évidemment, l'interprétation de l'ensemble des acteurs est simplement excellente. Ainsi, que ce soit Henri Fonda, bien sûr, mais les autres ne sont pas en restes, chacun sait garder parfaitement la tension palpable, sans s'adjuger des capacités qui tireraient son personnage de la médiocrité qui le caractérise. Même Henri Fonda, alias le juré n° 8 ou celui par qui tout bascule, ne sait résoudre l'affaire par ses propres forces, il a besoin pour cela du soutien et des idées des autres. Mais la petite révolution exemplaire n'aurait pas eu lieu sans son sursaut de courage, s'il n'avait pas pris la peine de s'interroger sur ses doutes. Ajoutons à cela le cadre hautement oppressant, ce huit clos quasiment infernal tant par l’ambiance que par la chaleur et les tensions entre les jurés, cette caméra, quasiment toujours fixée sur la table autour duquel se trouvent les douze hommes et qui ne fait que quelques incursions quand ceux-ci se lèvent ou pour de somptueux gros plans sur tel ou tel juré, ce retournement de situation progressif, ces nombreux questionnements et préjugés de chacun – après tout, ces douze hommes sont représentatifs d’une certaine Amérique blanche et le présumé coupable, pour le peu qu’on voit de lui, pourrait etre un latino, ce qui entrainera des remarques par la suite de l’un des jurés sur « ces gens-là ». Tout cet ensemble d’éléments – et encore, j’en oublie à coup sur – fait que, indéniablement, 12 hommes en colère n’est pas un grand film mais un pur chef d’œuvre, d’ailleurs, l’un des plus grands de l’histoire du septième art. Alors bien sûr il date un peu, certes, il ne correspond plus aux canons actuels et non, il ne pourrait pas avoir été fait de nos jours, mais le génie, lui, est présent, et, accessoirement, pas qu’un peu. Un film à voir et à revoir encore et encore, qui n’a rien perdu de son intérêt malgré les nombreuses années écoulées et qui se doit d’être vu, au moins une fois, par toute personne qui se prétend fan de cinéma, mais le vrai, bien sûr… les connaisseurs m’auront compris… 

mardi 24 septembre 2013

Inglourious Basterds


Inglourious Basterds

Dans la France occupée de 1940, Shosanna Dreyfus assiste à l'exécution de sa famille tombée entre les mains du colonel nazi Hans Landa. Shosanna s'échappe de justesse et s'enfuit à Paris où elle se construit une nouvelle identité en devenant exploitante d'une salle de cinéma. Quelque part ailleurs en Europe, le lieutenant Aldo Raine forme un groupe de soldats juifs américains pour mener des actions punitives particulièrement sanglantes contre les nazis. « Les bâtards », nom sous lequel leurs ennemis vont apprendre à les connaître, se joignent à l'actrice allemande et agent secret Bridget von Hammersmark pour tenter d'éliminer les hauts dignitaires du Troisième Reich. Leurs destins vont se jouer à l'entrée du cinéma où Shosanna est décidée à mettre à exécution une vengeance très personnelle...


Inglourious Basterds
Réalisation : Quentin Tarantino
Scénario : Quentin Tarantino
Musique : Jim Schultz
Production : Universal Pictures, The Weinstein Company, A Band Apart, Zehnte Babelsberg Film
Genre : Film de guerre, Uchronie
Titre en vo : Inglourious Basterds
Pays d'origine : États-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 19 août 2009
Durée : 153 mn

Casting :
Brad Pitt : le lieutenant Aldo Raine
Mélanie Laurent : Shosanna Dreyfus / Emmanuelle Mimieux
Christoph Waltz : le colonel SS Hans Landa
Michael Fassbender : le lieutenant Archie Hicox
Eli Roth : le sergent Donny Donowitz
Diane Kruger : Bridget Von Hammersmark
Daniel Brühl : le soldat Frederick Zoller
Til Schweiger : le sergent Hugo Stiglitz
August Diehl : le major Dieter Hellstrom
Gedeon Burkhard : le caporal Wilhelm Wicki
B.J. Novak : le soldat Smithson Utivich
Omar Doom : le soldat Omar Ulmer
Sylvester Groth : le docteur Joseph Goebbels
Julie Dreyfus : Francesca Mondino
Jacky Ido : Marcel
Mike Myers : le général Ed Fenech
Rod Taylor : Winston Churchill
Martin Wuttke : Adolf Hitler
Denis Ménochet : Perrier LaPadite
Richard Sammel : le sergent Werner Rachtman
Alexander Fehling : le sergent Wilhelm / Pola Negri
Samm Levine : le soldat Gerold Hirschberg
Paul Rust : le soldat Andy Kagan
Léa Seydoux : Charlotte LaPadite
Tina Rodriguez : Julie LaPadite
Lena Friedrich : Suzanne LaPadite
Ludger Pistor : le capitaine Wolfgang
Bo Svenson : un colonel américain dans La Fierté de la Nation
Enzo G. Castellari : un général nazi
Christian Berkel : Éric
Anne-Sophie Franck : Mathilda
André Penvern : le vieux vétérinaire français
Samuel L. Jackson : le narrateur
Harvey Keitel : l’officier américain à la radio
Hilmar Eichhorn : Emil Jannings

Mon avis : Bon, il me semble évidant qu’il n’est pas forcément nécessaire de revenir sur le synopsis d’Inglourious Basterds, quoi que, pour les quelques personnes qui, éventuellement, ne le connaitraient pas, voici un bref résumé : pendant la seconde guerre mondiale, un commando de soldats américains juifs est parachuté derrière les lignes ennemies et se met à massacrer du nazi a tout va, leur barbarie égalant allègrement celle de leurs adversaires. Ce postulat de départ, bien entendu, n’est qu’une petite partie du film puisque, ici, l’on retrouve – comme pour Kill Bill et tout un tas d’autres longs métrages plus ou moins réussis – principalement la vengeance comme motivation principale : vengeance de ces soldats juifs qui veulent casser du nazi pour venger leurs « frères » européens, vengeance d’une jeune femme qui a vu sa famille massacrée par des allemands, etc. Cela étant posé, passons vite fait sur tout ce que l’on retrouve habituellement dans les œuvres de Tarantino : hémoglobine et violence à outrance, dialogues savoureux et parfois interminables, découpage en divers chapitres, irréalisme de certaines scènes parfaitement assumé et personnages charismatiques en diable. Sur ce point, et comme attendu, Inglourious Basterds ne déroge pas à la règle et l’on se trouve, bien évidemment, en territoire familier ; sauf qu’ici, le cadre de fond est la seconde guerre mondiale. Par contre, si ce film a tellement fait parler de lui, en bien comme en mal, et justement, pas mal critiquer par certains, c’est pour son parti pris scénaristique : j’ai lu ici et là qu’il était ignoble de faire de ses batards menés par Brad Pitt des juifs, comme si un juif ne pouvait pas être violent, mais aussi, pour d’autres personnes, que l’on ne devrait pas traiter d’un sujet aussi grave avec tant de désinvolture (comme si c’était la première fois que l’on rigolait au cinéma avec un film sur le seconde guerre mondiale) et, bien entendu, pour finir, le principal nœud du problème pour beaucoup, ce final – attention spoiler pour ceux qui n’auraient pas vu ce film – où Hitler et tous les dirigeants nazis se font massacrer allègrement. Ce choix de Tarantino, nombreux furent ceux qui lui tombèrent dessus, certains allant même jusqu’à parler de révisionnisme, ce qui, de mon point de vu, est pour le moins exagéré car bon, comment dire, faire croire que tel élément ne s’est pas déroulé à un moment donné de l’Histoire, c’est une chose, modifier celle-ci littéralement dans une œuvre de fiction, comme ici – car je pense qu’à part un débile mental, et encore, tout le monde sait qu’Hitler n’est pas mort ainsi et que la seconde guerre mondiale ne s’est pas achevée de la sorte – c’en est une autre. Et justement, pour ceux qui ne l’auraient pas compris, Inglourious Basterds est une fiction, en aucune façon une reconstitution historique – pour la petite histoire, un navet comme Pearl Harbor est hautement plus critiquable, historiquement parlant. D’ailleurs, si l’on veut poser un nom sur ce qu’est exactement Inglourious Basterds, alors on peut qualifier celui-ci d’Uchronie, et pas « chronique » comme il est dit par la célèbre critique du journal Le Monde. Uchronie, Uchronie, mais oui, ces fameux récits, souvent fort bien réussis d’ailleurs, et qui revisitent l’Histoire comme, pour ne citer que certains des plus célèbres, Le Maitre du haut châteauFatherlandLa part de l’autreRoma Æterna et bien d’autres encore… Accessoirement, un genre loin d’être mineur et qui a offert à la littérature de science-fiction bien des chefs d’œuvres. Alors bien sûr, si l’on part du postulat de départ qu’Inglourious Basterds est avant toute chose un divertissement qui ne faut en aucune façon prendre comme une reconstitution historique, qu’il est difficile de faire plus uchronique que son final et que le tout est l’œuvre de ce diable de Tarantino, alors, toutes les critiques précédentes s’effondrent et ne pourrait en rester qu’une seule – après tout, la plus importante – est ce que, dans le genre – ici, du Tarantino qui est quasiment un genre à lui tout seul – Inglourious Basterds est-il oui ou non un bon film ? Et bien ma foi, si après coup, je garde une préférence non négligeable pour Kill Bill que j’avais franchement adoré, je dois reconnaitre que ces sacrés batards m’ont fort allègrement surpris, et ce, grâce à des acteurs tout bonnement excellents avec, bien évidemment, un Christoph Waltz incroyable dans son rôle d’officier SS chasseur de juifs et qui brille de mille feux dans ce film avec un charisme fou, une intrigue endiablée et captivante qui ne laisse aucun temps morts et surtout, aussi étonnant, une profondeur auquel je ne m’attendais pas, et, selon moi, le coté le plus intéressant du film : le langage. Ici, celui-ci est indéniablement l’élément central de l’intrigue et, de la scène du début où le Colonel Hans Landa passe du français a l’anglais avec un paysan français (mais cela a une logique), où chaque acteur parle et joue dans sa langue d’origine (préférez donc la vo du coup) mais où et contrairement à bien des films du genre, un américain ou un britannique qui parlerait en allemand, il y a forcément un accent, ce qui entraine une scène d’anthologie, celle du bistrot dans la troisième partie et qui est magistrale de mon point de vu, sans oublier, le dialogue plutôt amusant en italien, il est clair que ce fameux langage, ou plutôt, ces langages, ces langues diverses, ces divers accents (et jusqu’à la faute d’orthographe volontaire du titre) sont les éléments principaux de cette œuvre ; oui, loin devant la violence, le final uchronique et la vengeance. Inattendu n’est-ce pas ? Bref, vous l’avez compris, j’ai plus qu’apprécier cet Inglourious Basterds et je peux le dire sans problèmes : je n’en attendais pas autant. Bien sûr, et comme je l’ai dit, je préfère toujours Kill Bill, mais cela n’enlève rien au fait qu’avec cette histoire abracadabrantesque de soldats juifs qui font la peau aux allemands et qui finissent même par zigouiller Hitler et toute sa clique, nous nous retrouvons au final avec un fort bon film. Alors bien évidemment, il faut apprécier le cinéma de Tarantino, accepter et même, connaitre toutes ses nombreuses références a tant de vieux films que l’on peut souvent qualifier de séries B – ici, les films de guerre mais le western n’est pas très loin – mais bon, dans le genre Tarantinesque, il est plus qu’évidant que nous avons là une fort belle réussite et que j’aurais passé un fort bon moment à la regarder.


Points Positifs :
- Christoph Waltz ! Eh oui, aussi incroyable que cela puisse paraitre, l’acteur autrichien est tellement bon dans ce film qu’il est, selon moi, le principal élément à mériter le détour. Il faut dire que son rôle d’officier SS ignoble lui va à ravir, surtout que le bougre, jouant de ses proies comme il manie les langues, en finit par devenir… sympathique !
- J’ai rarement vu un film où le langage occupait une place aussi importante qu’ici : forcément, Inglourious Basterds se doit d’être vu en vo car sinon, on passe complètement a coté de toutes les subtilités scénaristiques qui, du début a la fin, jouent sur les langues, les accents, etc.
- Comme souvent avec Tarantino, on a droit a un casting d’enfer, et, ma foi, dans le cas présent, si Christoph Waltz écrase tout le monde (mais le bougre est vraiment excellent) le reste mérite le détour, que ce soit Mélanie Laurent, Brad Pitt, Diane Kruger, pour ne citer que les plus flagrants.
- La scène du bar est tout bonnement magistrale au point d’en devenir un moment d’anthologie, que ce soit pour son déroulement, ses dialogues et, bien sur, la façon dont les batards sont démasqués.
Inglourious Basterds est tout sauf un film sérieux : prenez ça comme un excellent divertissement qui vous fera passer un excellent moment.
- Mine de rien, c’est peut-être le long métrage de Tarantino où je rigole le plus.

Points Négatifs :
- Malgré sa durée, plus de deux heures, j’ai toujours trouvé, au fil des multiples visionnages, ce film trop court. Curieux…
- Comme souvent avec les films de Tarantino, c’est soit on adore, soit on déteste et dans le cas de Inglourious Basterds, c’est clair que beaucoup pesteront contre le coté trop exagéré de la chose, son humour… Et alors, si en plus, ils ne savent pas ce qu’est une uchronie !

Ma note : 8,5/10

dimanche 22 septembre 2013

De l'eau pour les Éléphants


De l'eau pour les Éléphants

1931, période de Grande Dépression aux Etats-Unis. A la suite d'une tragédie familiale, Jacob, un jeune étudiant en école vétérinaire, se retrouve subitement plongé dans la misère et rejoint par hasard un cirque itinérant de seconde classe. Il se fait accepter en échange des soins qu’il pourra apporter aux animaux et ne tarde pas à tomber sous le charme de la belle écuyère Marlène. Elle est l'épouse du directeur du cirque, un être d’une rare violence et totalement imprévisible. Derrière la beauté et la magie des spectacles, Jacob découvre un univers impitoyable et miséreux. Lorsqu’une éléphante rejoint le cirque, Marlène et Jacob se rapprochent l’un de l’autre et préparent un nouveau spectacle qui permet un temps de renouer avec le succès. Mais leurs sentiments deviennent de plus en plus perceptibles et sous les yeux d'August, cette histoire d'amour les met irrémédiablement en danger.

De l’eau pour les éléphants ou Hollywood au sommet de son savoir-faire ! En toute sincérité, comme entrée en matière, je suis persuadé que je ne pouvais pas mieux trouver car bon, comment dire, ce genre de films à grand spectacle, parfaitement calibré pour la ménagère de moins de 50 ans (celle qui rêve encore à ses magnifiques et pourtant irréelles histoires d’amour à l’eau de rose), où dès les premières minutes, l’on sait immédiatement que tels personnages seront gentils tous mignons et que les autres, eux, sont tellement méchants qu’il n’y décidément rien à en tirer, bref, ce genre de film plein de bons sentiments où, en aucune façon, il n’est besoin de réfléchir, où, nos neurones étant au repos, il suffira d’apprécier à sa juste valeur une œuvre qui ne restera en aucune façon dans les annales mais qui n’en est pas moins plutôt agréable à regarder. Oui, De l’eau pour les éléphants est l’un des nombreux, très nombreux exemples du savoir-faire de nos amis d’outre-Atlantique, ce genre d’œuvres dont je n’attends absolument rien de particulier, rien d’original, mais où je sais par avance que, quoi qu’il en soit, je passerai néanmoins un bon moment. Ainsi donc, hier soir, et histoire d’égayer un peu un week-end fiévreux (maudite angine qui ne part pas, je crois que je suis bon pour retourner chez le médecin), décision fut prise de regarder ce film, surtout que mon épouse l’avait vu au cinéma et qu’elle en gardait un souvenir pour le moins agréable… Alors certes, comme je l’ai dit, De l’eau pour les éléphants, c’est bel et bien le genre de films Hollywoodiens qui se regardent parfaitement, et pourtant… Et pourtant, soyons un petit peu objectifs et faisons un peu le compte rendu de ses innombrables défauts qui ne peuvent, reconnaissons-le, que le desservir, et cela, dans le désordre – attention, à partir de maintenant, il va y avoir énormément de spoilers. Tout d’abord, et en tête de gondole, le manque total de surprise : bigre, c’est fou que ce que ce long métrage est prévisible, ainsi, entre le héros, forcément jeune et beau gosse, dont on devine qu’il va en baver mais qui finira par s’en sortir, la femme de son patron, dont on comprends immédiatement que celle-ci finira tôt ou tard par succomber à ses charmes et justement, celui-ci qui possède tous les défauts de la Terre – violent, alcoolique, sans scrupules, cruel avec les animaux et les hommes, bref, un salaud, un vrai – et qui, forcément, ne l’emportera pas au Paradis, l’ensemble des protagonistes de cette œuvre sont de parfaits stéréotypes du cinéma américain de masse. Et encore, je n’ai mis en avant que les trois plus importants. Ensuite, les nombreuses incohérences du film ou les Deus ex machina qui le jalonnent : le héros saute dans un train, ça tombe bien, l’un des types sur lequel il tombe et polonais, comme lui ; le cirque achète un éléphant pour le moins stupide et qui ne comprends rien a rien, pas grave, il suffit de lui parler en polonais et tout s’arrange car… oui, et là, on ne peut qu’exploser de rire, c’est un éléphant polonais, ce qui, comme vous le devinez, est on ne peut plus logique, n’est-ce pas ; mais ce n’est pas tout, le grand méchant, à force de martyriser le pauvre pachyderme avec un harpon, on se doute bien qu’il finira écraser par les pattes de celui-ci (de l’éléphant, pas du harpon), et ben non, même pas, celui-ci (et tant pis pour le spoiler) le tuera avec ce même harpon ! Ajoutons à cela notre couple de jeunes tourtereaux qui ne prennent même pas garde à se cacher lorsqu’ils dansent langoureusement enlacés, l’éléphant qui s’en va faire un tour en ville sans que la police trouve à redire quoi que ce soit et la scène finale, tout bonnement absurde pour ne pas dire ridicule – subitement, les employés du cirque veulent la peau de leur patron et, au lieu de l’égorger tranquillement dans la nuit, non, en pleine représentation, ils ouvrent la cage aux fauves, tellement plus simple et, accessoirement, plus débile – et vous comprendrez à quel point De l’eau pour les éléphants est un formidable ramassis d’idioties en tous genres qui pourraient parfaitement le faire passer pour un navet. Or, et aussi incroyable que cela puisse paraitre, le tout se regarde plutôt bien. Certes, ce n’est pas original, certes, on a l’impression, que dis-je, la certitude d’avoir déjà vu ce genre d’histoire des milliers de fois, certes, certaines scènes sont d’une débilité profonde, mais, est-ce ce fameux savoir-faire américain, est ce cette touche Hollywoodienne qui fait que finalement, on se laisse bercer par l’intrigue même si celle-ci ne casse pas des briques, mais en tous cas, et malgré tous ces défauts plus qu’évidant, au final, je n’ai absolument pas regretter d’avoir passé deux heures de mon temps à le regarder. Et puis, même sans surprises, l’histoire est sympathique, Christoph Waltz est franchement excellent en salaud et n’oublions pas que Robert Pattinson est parfait dans son rôle de jeune beau gosse idéaliste. Et après tout, un film sans prises de têtes, de temps en temps, ça ne fait pas de mal non plus, surtout par ces temps de grisaille, alors oui, les défauts sont légions, oui, il y aurait beaucoup à redire sur cette œuvre, mais bon, De l’eau pour les éléphants fait partie de ce genre de films vîtes vus et vite oubliés, mais finalement, dans l’ensemble, il ne s’en sort pas trop mal ; après, par petites doses, je suis d’accord mais pour la prochaine fois, j’espère tout de même quelque chose de bien plus intéressant.

mardi 17 septembre 2013

Trans-Europe Express


Trans-Europe Express

Kraftwerk

1 – Europe Endless (Ralf Hütter, Florian Schneider) 9:35
2 – Hall of Mirrors (Ralf Hütter, Florian Schneider, Emil Schult) 7:50
3 – Showroom Dummies (Ralf Hütter) 6:10
4 – Trans-Europe Express (Ralf Hütter, Emil Schult) 6:40
5 – Metal on Metal (Ralf Hütter) 6:52
6 – Franz Schubert (Ralf Hütter) 4:25
7 – Endless Endless (Ralf Hütter, Florian Schneider) 0:45

Pour la petite histoire, le Trans-Europe Express exista bel et bien : cette ligne de chemin de fer  de prestige, rapide et exclusivement de 1re classe, fit son apparition en 1957 avant de disparaitre dans les années 80. Ainsi, pendant presque trois décennies, ce train pour public huppé, qui souhaitait concurrencer les avions, traversait l’Europe de part en part, locomotive et wagons rouges et gris, au sigle de la TEE, parcourant inlassablement le vieux continent, de long en large. Un train légendaire pour un disque qui ne l’est pas moins, et donc, après les autoroutes d’Autobahn puis les ondes radios de Radio-Activity, et avant les robots de The Man Machine et les ordinateurs de Computer World, Kraftwerk nous entrainait cette fois ci, a bord du Trans-Europe Express, vers un voyage sans fin à travers le continent européen. Un voyage avant toute chose, et comme il se doit, musical, et qui nous montre les quatre membres du groupe au sommet de leur art. Ainsi, de la vieille Europe version chic et « carte postale » de Europe Endless, celle des paysages de promenades à celle, plus sombre et décadente et où l’on rencontre, au gré d’une station a une autre, des figures bien connues comme « Iggy Pop and David Bowie », sans oublié l’apaisée et historique, Franz Schubert, et celle carrément angoissée de Hall of Mirrors, les sept morceaux qui composent l’album, nous entrainent, de diverses façons, très loin dans un formidable voyage qui pourrait fort bien ne pas avoir de fin. Bien évidemment, le dytique totalement indissociable qu’est Trans-Europe Express/ Metal On Metal est le sommet de l’album, et d’ailleurs, si vous ne prenez pas garde ou si vous écoutez l’album pour la première fois, peut-être ne remarquerez-vous pas qu’il y a deux morceaux et non pas un seul, mais indéniablement, et comme ce sera le cas, un an plus tard, avec The Man Machine, tous les titres de ce Trans-Europe Express sont exceptionnels, donnant à cet album une intensité et une cohérence rarement atteinte… et accessoirement, histoire de rebondir sur un certain débat, comme on n’en fait plus. Trente-six ans plus tard, Trans-Europe Express sonne toujours aussi bien et ne dénote en aucune façon – c’est probablement à cela que l’on reconnait les véritables chefs d’œuvres d’ailleurs. Bien évidemment, pour les plus jeunes d’entre nous et le public lambda, un tel album pourra sonner de façon pour le moins étrange, même si, même si, de temps en temps, tel son, tel accord, tel riff leur dira quelque chose – d’où croyez-vous que nos amis d’Afrika Bambaataa tiennent-ils leur Planet Rock ? Hein, comment, vous ne connaissez pas d’Afrika Bambaataa ? Ah, bah là, je ne peux rien faire pour vous alors… Et oui amoureux du hip-hop, Kraftwerk fut et restera probablement a jamais comme l’une des sources les plus importantes de samples, même si vous ne le savez pas ! Mais quoi qu’il en soit, en cette lointaine année 1977, avec Trans-Europe Express, les singuliers allemands de Kraftwerk offraient au monde l’un de leurs meilleurs albums, et encore aujourd’hui, l’on peut sentir, ici ou là, les diverses inspirations qui en découlèrent sur la scène musicale mondiale. Tout bonnement un chef d’œuvre !

Les Royaumes d'Épines et d'Os – Le Prince Charnel


Les Royaumes d'Épines et d'Os – Le Prince Charnel

Quand le légendaire Roi de bruyère s'est éveillé, une période de ténèbres et d'horreur s'est abattue sur le royaume de Crotheny. Toutes sortes de créatures rôdent dans les villages et les forêts. La folie s'est emparée des paisibles habitants. A Eslen, la reine Murielle est seule, victime d'une ignoble trahison. Elle aide son unique fille encore en vie, Anne, à s'enfuir loin du massacre. Un long périple attend la jeune femme sur la route du sanctuaire de ses ancêtres. Au même moment, les espions de Praifec Hespero, le puissant prêtre, se lancent à la poursuite du Roi de bruyère pour le détruire. C'est le début d'une véritable inquisition qui pourrait mettre en péril le royaume tout entier.

Tout d’abord, avant d’aller plus loin, revenons sur ce petit point négatif dont j’ai oublié de vous parler lors de la critique du premier tome de la saga, ce qui, au demeurant, est une faute impardonnable car celui-ci est loin d’être un détail : le tutoiement. Dans Les Royaumes d’Epines et d’Os, ce qu’il y a de génial, c’est que tout le monde tutoie tout le monde : ainsi, même si vous êtes un simple gueux, vous pouvez dire « tu » a une princesse ou vous adressez a l’Empereur comme si vous aviez élevez les cochons ensemble, ce qui, au regard de la langue française et de nos habitudes, et pour le moins singulier. Bien évidemment, l’on pourra me rétorquer que dans la langue anglaise, la distinction entre le tu et le vous n’existe pas et que, du coup, il est habituel de tutoyer tout le monde ; n’étant pas un expert linguiste, ce n’est pas si, du coup, l’on tutoie tout le monde ou si l’on vouvoie, par contre, étant portugais, je sais que les brésiliens, eux, n’utilisent jamais le tutoiement, se contentant du vous – voçé. Alors bien sûr, vous pouvez vous demander où je veux en venir avec tout cela mais disons que, justement, dans la langue française, la distinction existe bel et bien et puisque nous lisons cette œuvre en français, il me semble que l’utilisation du tu et du vous soit nécessaire, surtout que j’ai franchement le plus grand mal à lire, pour la énième fois, un serviteur qui tutoie son maitre, un paysan qui fait de même à un noble, etc. Bref, un défaut d’importance, mais qui a plus avoir avec la traduction en elle-même qu’avec l’œuvre a proprement parlé ; même si, du moins c’est mon cas, cela gâche par moments le plaisir de la lecture. Ce qui est fort dommage car pour le reste, c’est franchement excellent, d’ailleurs, si je trouvais déjà bon nombre de points positifs à la lecture du Roi de Bruyère, non seulement, ici, ils sont toujours présents, mais qui plus est, en plus grand nombre : ainsi, entre de nouveaux protagonistes qui font leur apparition et qui viennent, en quelque sorte, remplacer les disparus du premier volume (qui, au demeurant, furent nombreux à passer l’arme à gauche) dont un certain compositeur plutôt bien réussi, des personnages que je trouvais plutôt stéréotypés (oui bon, ils le sont toujours) mais qui gagnent énormément de profondeur dans ce second volume, et une intrigue qui gagne en complexité et en coups de théâtre en tous genres, force est de constater que ce Prince Charnel est le digne successeur d’un Roi de Bruyère déjà fort réussi. Ici, les divers protagonistes voyagent pas mal, se perdent, se retrouvent et finissent tous dans un final pour le moins diablement bien trouvé et l’on ne peut que louer l’inventivité de l’auteur, le sieur Greg Keyes, de réussir la gageure de nous tenir en haleine de bout en bout au point que, au bout de deux tomes et maintenant que j’en suis arrivé à la moitié de la saga, je me dis que celle-ci possède un fort potentiel et ne dénote en aucune façon si je dois faire une comparaison avec une autre œuvre de Keyes, L’âge de la déraison, qui m’avait tant plu il y a quelques années. A voir maintenant ce que donnera la suite mais ce qui est sûr, justement, c’est que j’en suis déjà à une centaine de pages dans ce troisième tome et que pour le moment, c’est toujours aussi bon !

dimanche 15 septembre 2013

The Joshua Tree


The Joshua Tree

U2

1 - Where the Streets Have No Name (U2) 5:36
2 - I Still Haven't Found What I'm Looking For (U2) 4:37
3 - With or Without You (U2) 4:55
4 - Bullet the Blue Sky (U2) 4:32
5 - Running to Stand Still (U2) 4:17
6 - Red Hill Mining Town (U2) 4:53
7 - In God's Country (U2) 2:56
8 - Trip Through Your Wires (U2) 3:32
9 - One Tree Hill (U2) 5:22
10 - Exit (U2) 4:13
11 - Mothers of the Disappeared (U2) 5:14

vendredi 13 septembre 2013

Tanâtos – Menace sur Paris


Tanâtos – Menace sur Paris

Tanâtos est l’homme mystérieux qui, avec ses complices industriels, banquiers et marchands d’armes, fomente la guerre dans le but d’empocher les dividendes de la tuerie... Il a déjà gagné plusieurs batailles, car la Première Guerre mondiale bat son plein. Ses plans pour utiliser la bombe Appolyon-7 ont en partie été contrecarrés : il la possède, mais sans la source d’énergie nécessaire pour la faire fonctionner. Qu’à cela ne tienne ! Ce diable d’homme n’est jamais à cours de ressources pour nuire… Surtout que ses deux vieux ennemis semblent hors d’état de nuire : Victor sombre dans l’alcool, croyant sa Mélanie disparue, et Bernin se bat sur le front. D’où viendra le salut, s’il est encore possible ?

Jusque ici, Jean-Yves Delitte et Didier Convard avaient fait fort, très fort même avec Tanâtos, leur série consacrée a ce génie du mal, mais en toute sincérité, oubliez tout ce que vous avez lu jusque la car cette fois ci, Tanâtos va aller encore plus loin, beaucoup plus loin ! Déjà, le titre : Menace sur Paris. Oui bon, l’on me rétorquera que celui-ci n’a rien d’exceptionnel en soit, qu’il n’est pas franchement original ; détrompez vous ! Ce n’est pas une simple menace, tenez le vous pour dit ! Car cette fois ci, les auteurs ont pris le parti d’entrainer la série encore plus loin dans l’extrême, n’hésitant pas à se débarrasser (apparemment, mais est ce vraiment le cas même si je n’ai pas trop de doutes a ce sujet) tout bonnement de l’un des protagonistes principaux de l’intrigue, véritable épave dans ce quatrième tome, des la première partie ; cette mort, tout simplement inattendue, si elle s’avère vraie, pourrait être l’un des grands moments de cette série tout simplement en raison de sa rareté. Vous en connaissez beaucoup des auteurs qui sacrifient l’un de leurs personnages principaux de cette façon, au beau milieu d’une intrigue ? Alors, subsiste un doute au fond de moi, mais bon, quoi qu’il en soit, si c’est le cas, franchement, chapeau pour ce coup de théâtre et cette incontestable prise de risque ! Ensuite, oubliez l’histoire telle qu’on la connaît. Bien évidement, a moins d’être un parfait demeuré qui prendrait ce qu’il lit dans Tanâtos pour argent comptant, tout a chacun sait que celui-ci, d’abord, n’a pas exister, et qu’ensuite, il n’a pas déclencher la première guerre mondiale. C’est une fiction, point barre. Sauf que, jusque là, les auteurs respectaient plus ou moins une certaine véracité historique (oui bon, de loin mais tout de même), hors, avec le final de cet album, tout simplement inattendu lui aussi et apocalyptique, Tanâtos, la série, part dans une toute autre direction, a la plus grande surprise du lecteur qui ne s’y attendait pas du tout. Quand je vous disais que cela allait aller encore plus loin, beaucoup plus loin ! Indéniablement, Menace sur Paris, quatrième tome de la série, porte celle-ci a des niveaux rarement atteints jusque là ; bien évidement, les trois précédant volumes nous avaient déjà laisser une fort agréable sensation de qualité et un personnage, diabolique tout simplement, comme on n’en voit peu de nos jours, mais tout en maintenant la qualité narrative de l’œuvre et des dessins toujours aussi superbes, Jean-Yves Delitte et Didier Convard poussent le bouchon encore plus loin, n’hésitant pas a s’affranchir des sentiers battus et réussissent même, lors du final de l’album, a rendre mal a l’aise le lecteur qui, comme Mélanie, ne peut s’empêcher de trouver dans toute l’œuvre de Tanâtos, une certaine fascination pour le mal.
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