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lundi 21 avril 2014

La Brigade Chimérique – Tome 1


La Brigade Chimérique – Tome 1

Ils sont nés sur les champs de bataille de 14-18, dans le souffle des gaz et des armes à rayons X. Ils ont pris le contrôle des grandes capitales européennes. Par-delà le bien et le mal. Les feuilletonistes ont fait d'eux des icônes. Les scientifiques sont fascinés par leurs pouvoirs. Pourtant, au centre du vieux continent, une menace se profile, qui risque d'effacer jusqu'au souvenir de leur existence. Nés sur les champs de bataille de la Première Guerre Mondiale, les surhommes européens ont vite pris une grande importance dans ce début de siècle. Certains d'entre eux se sont auto proclamés protecteurs de leur patrie (le Nyctalope à Paris, l'Accélérateur à Londres), d'autres sont au service d'idéologies (les Mécanoïdes de Nous Autres en Russie) et certains ont clairement choisi le camp du mal (Gog, la Phalange). Et il semble que parmi ceux-là, le Dr Mabuse ait un plan... Opposés à lui et ses alliés italiens et espagnols, la fille de Marie Curie et son Institut du Radium mais aussi les super-héros français et anglais vont-ils devoir faire alliance avec le bloc soviétique ? Et surtout, qu'est donc cette Brigade chimérique dont tout le monde parler mais que personne n'a vue ?

Il est assez rare, reconnaissons le, que le vieux continent produise ce que l’on appelle communément des bandes dessinées de super héros ; genre surreprésenté outre-Atlantique, jusqu'à en donner bien trop souvent la nausée (car, comme souvent, parmi d’authentiques chefs d’œuvres, ou tout simplement de bonnes histoires, combiens de bouses innommables sortent mensuellement ? Bien trop a mon gout), celui-ci est bien plus rare sous nos latitudes. Et, en dehors des Sentinelles, œuvre de Xavier Dorison, c’était un peu le néant du coté des productions françaises. Ayant favorablement accueilli celle-ci, lorsque je l’avais découvert, il y a quelques années, ce fut donc avec le plus grand des plaisirs que je me lançais dans une autre œuvre traitant du même sujet, et, accessoirement achevée au jours où j’écris ces quelques lignes (six tomes en tout, parus assez rapidement), ce qui n’est pas plus mal puisqu’au moins, le risque de commencer une série qui ne finira jamais ou qui s’étalera sur des années avec je ne sais combien de tomes en sera absent. Mais si les deux séries, Les Sentinelles et La Brigade Chimérique semblent, d’un point de vue extérieur, semblables, cela est dut au fait que les deux partent d’un postulat de base identique, les super héros du vieux continent, mais ensuite, les différences se font jour, comme je vais tacher de vous l’expliquer ci-dessous. Indéniablement, avec Les Sentinelles, l’on reste dans la plus pure tradition de ce que l’on appelle la BD européenne ; son auteur, Xavier Dorison a certes effectué un travail remarquable et je tiens en haute estime cette série, cependant, son seul coté que l’on pourrait qualifier d’exotique est, justement, ces fameux supers héros en activité pendant le premier conflit mondial. Pour le reste, cela reste bien traditionnel, ce qui ne signifie nullement que la série ne mérite pas que l’on s’y attarde, bien au contraire, je vous y invite vivement. Par contre, pour ce qui est de La Brigade Chimérique, c’est une toute autre histoire qui se profile et l’on sent tout de suite l’inspiration parfaitement assumée des auteurs, Fabrice Colin et Serge Lehman, les comics US, et, plus précisément, la cultissime œuvre du non moins culte Alan Moore, la fameuse Ligue des Gentlemen extraordinaires, au point que, des les premières pages, l’on croirait lire un véritable comics. Après les mangas à la française, les comics a la française ? C’est tout à fait cela. Et ce n’est pas pour me déplaire, car, même si j’ai un peu mis de coté depuis quelques mois ce que j’appellerais la production de masse (X-MenAvengers et cie) qui n’a pas de grand intérêt, je ne rejette absolument pas tout ce qui vient d’outre atlantique, et certaines œuvres méritent largement leurs places dans toute bonne bibliothèque d’un amateur de bande dessinée qui se respecte. Ceci étant dit, que vaut véritablement cette fameuse Brigade Chimérique ? Tout d’abord, il n’est pas évidant de juger une œuvre tome par tome ; si j’avais l’intégrale, cela aurait été bien plus facile et cette critique s’attarderait davantage sur les qualités et les défauts d’un ensemble finis. Ne procédant pas de la sorte, bien que cela me complique légèrement la tache, je m’en tiendrais, pour le moment, a ce premier tome, sobrement intitulé Livre un (difficile de faire plus simple) et mon ressentis a son sujet. Tout d’abord, commençons par le point, selon moi, négatif de cette série et qui m’a chiffonner : son format. Les auteurs ayant poussé l’identification avec les comics US jusqu’au boutisme, celui-ci s’est trouve être identique, ce qui, personnellement, me semble dommageable ; c’est un format qui ne met pas trop les planches en valeur et, du point de vue du porte monnaie, si un tome de La Brigade Chimérique reste moins cher qu’une bande dessinée normale, c’est de peu, très peu même (11 Euros). Alors certes, cela n’est au final qu’un point de vu d’un détail qui ne remet pas en cause la valeur de l’œuvre en elle-même mais bon, comme qui dirait : qui aime bien châtie bien, et je ne pouvais ne pas en parler. Surtout que, c’est vraiment le seul point négatif que j’ai trouvé a ce premier tome. Car ne nous voilons pas la face cent sept ans, j’ai été plus que conquis par cette série, et nous nous trouvons là, indéniablement, devant une excellente série. Fortement inspirée de La Ligue des Gentlemen extraordinaires comme je vous le disais plus haut, nous retrouvons donc ici, grosso modo, le même topo : les protagonistes sont un savant mélange de personnages réels et imaginaires, mais ceux-ci nous sont presque, pour ne pas dire plus familier que les autres puisque presque tous issus de notre culture collective : que cela soit le terrifiant Docteur Mabuse, le Passe Murailles, Gregor Samsa le fameux personnage (oui, celui qui se transforme en cafard) de La métamorphose de Franz Kafka, ou les allusions a Fantomas, les apparitions pour le moins jouissives d’un Monsieur Steele qui n’est autre que Superman ou de Doc Savage, pour ne citer que quelques exemples, ce premier volume est un véritable régal pour l’amateur qui se plaira a rechercher et reconnaître tous les personnages, les diverses inspirations qui parsèment le récit, qu’elles soient littéraires, cinématographiques ou autres (je ne vais pas vous faire un dessin pour Metropolis non plus ?). Ainsi, les auteurs, Fabrice Colin et Serge Lehman nous entrainent dans un formidable voyage dans un passé de l’entre deux guerres fort différent du notre, une Uchronie donc, où l’Europe est, comme les Etats-Unis d’aujourd’hui, parsemée d’hommes et de femmes aux supers pouvoirs, en utilisant pour cela, et contrairement aux Sentinelles, des personnages de notre inconscient collectif, familiers a nos yeux donc, et avec un postulat de base original : nous expliquer pourquoi ceux-ci ont disparus de notre continent. Bigre, rien que ca. Et ca marche, et pas qu’un peu par ailleurs ! Bien évidement, dans ce premier volume, les auteurs mettent en place leur univers, le lecteur fait connaissance avec les protagonistes, les enjeux en courts et a venir dans deux courtes histoires, tout d’abord, un prologue intitulé Mécanoïde Curie (la fille, pas la mère), se déroulant dans la citée du Docteur Mabuse, Metropolis, et qui lance parfaitement l’intrigue a venir, puis, dans le premier épisode a proprement parler, La dernière mission du Passe Murailles, parfait exemple de ce qu’est cette série (on croirait lire un comics, tout simplement) et où l’on fait plus ample connaissance avec certains des personnages comme le Nyctalope, l’auto proclamé protecteur de Paris aux motivations douteuses et qui ne pense qu’a trouver quelqu’un de digne d’écrire ses mémoires, ainsi que les Curies, personnages importants apparemment de la saga et où il est fait mention de cette fameuse et mystérieuse Brigade Chimérique qui donne son nom a la série. Bien évidement, le lecteur prendra un plaisir certain à reconnaître telle source d’inspiration, tel personnage, imaginaire ou pas, ainsi qu’un univers qui donne envie d’en savoir plus. Forcement, nous n’en sommes qu’aux tout débuts de la série et il faudra juger les tomes suivants sur le long terme pour s’en faire une idée précise de la qualité globale de l’ensemble, mais ce premier volume, quoi qu’il en soit, laisse déjà entrevoir, de par ses qualités, son univers et ses idées, des lendemains enchanteurs. Un petit mot sur les dessins, car cela a son importance et je m’aperçois que j’en n’avais pas encore parlé : le style de Gess, particulier au possible risque d’en rebuter plus d’un et d’ailleurs, je dois reconnaître que je ne suis pas foncièrement fan en temps normal, cependant, dans le cas présent, je trouve qu’il colle parfaitement a la série et les planches sont d’ailleurs d’excellente qualité. Dommage d’ailleurs que le format choisit ne les mettes pas forcement en valeur. Bref, vous l’avez compris, j’ai été conquis par ce premier tome des Brigades Chimériques mais quelque part, en tant que fan des comics, il aurait été difficile de ne pas l’être…

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