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lundi 14 septembre 2015

Le Fléau


Le Fléau

Il a suffi que l'ordinateur d'un laboratoire ultrasecret de l'armée américaine fasse une erreur d'une nanoseconde pour que la chaîne de la mort se mette en marche. Le Fléau, inexorablement, se répand sur l'Amérique et, de New York à Los Angeles, transforme un bel été en cauchemar. Avec un taux de contamination de 99,4 %.Dans ce monde d'apocalypse émerge alors une poignée de survivants hallucinés. Ils ne se connaissent pas, pourtant chacun veut rejoindre celle que, dans leurs rêves, ils appellent Mère Abigaël : une vieille Noire de cent huit ans dont dépend leur salut commun. Mais ils savent aussi que sur cette terre dévastée rôde l'Homme sans visage, l'Homme Noir aux étranges pouvoirs, Randall Flagg. L'incarnation des fantasmes les plus diaboliques, destinée à régner sur ce monde nouveau. C'est la fin des Temps, et le dernier combat entre le Bien et le Mal peut commencer.

Après lecture de ce célèbre ouvrage de Stephen King qu’est Le Fléau, il apparait qu’il peut parfaitement se diviser en deux parties distinctes et qui, de mon point de vu, n’ont pas le même intérêt, même s’il faut tout de même relativiser mes propos comme vous le verrez plus tard. Tout d’abord, le meilleur du récit selon moi, là où Stephen King s’en sort le mieux, c’est avec le déclenchement de cette fameuse super grippe et la propagation de cette pandémie qui, pour rappel, est mortelle à 99,4% : bref, une fin du monde comme on les aime, cette fois ci par le biais d’un virus, qui plus est, fabriqué par la main de l’homme, ici, le gouvernement américain dans un contexte de Guerre Froide – pour rappel, Le Fléau fut écrit à la toute fin des années 70, à l’époque de l’URSS, et même si la version que j’ai lu est celle de la fin des années 80 (King republia le roman dans sa version d’origine), à cette époque, le bloc soviétique était toujours d’actualité. Et donc, cette première et très longue partie de l’œuvre est tout bonnement exceptionnelle en soit, et même si certains pourront trouver que tout cela est d’une longueur peu commune, que King aurait pu faire l’impasse sur bien des événements décris dans ces pages (ne connaissant pas la première édition du Fléau, je ne pourrais pas faire les comparaisons), personnellement, j’étais tellement captiver par le récit que cela ne m’a en aucune façon gêner. D’ailleurs, j’irais même plus loin : à mes yeux, la partie la plus intéressante du roman, la plus réussie, celle qui m’aura le plus marquer, c’est cette lente description de l’avancée de la Super Grippe et de la fin d’une civilisation, avec, comme il fallait s’y attendre, le ressenti de très nombreux protagonistes, survivants malgré eux d’un monde qui s’effondre a une vitesse folle autour d’eux. Ajoutons à cela une description à faire froid dans le dos (mais tellement plausible) des manipulations d’un gouvernement américain qui préfère mentir jusqu’au bout et qui, voyant sa fin, décide de ne pas tomber seul, les ravages non dissimulés de la maladie – comme d’habitude chez King, personne n’est à l’abris et les descriptions sont souvent horribles – et vous comprendrez les raisons qui ont fait que j’ai tout bonnement accrocher à cette première partie. Pourtant, je serais légèrement moins dithyrambique pour ce qui est de la suite. Certes, les premiers pas de la communauté à Boulder sont plutôt bien réussis et une fois de plus, il est fort intéressant de voir comment King nous présente la reconstruction d’une communauté humaine avec tous les aléas et les problèmes qui se posent, surtout lorsque celle-ci commence  à prendre de plus en plus d’importance. Par contre, je n’en dirais pas autant de ce qui est l’un des autres points majeurs de cette œuvre, je veux bien évidement parler de l’opposition entre la représentante du bien, Mère Abigaël, une vieille noire de 108 ans qui possède indéniablement des dons de prophétie, et son penchant maléfique, le charismatique Randall Flagg, qui lui aussi, et à sa manière, a réuni autour de lui sa propre communauté. Car si en fait, l’opposition entre les deux communautés, les deux façons de pensée, pouvaient être intéressantes en soit – surtout que, comme le dit l’un des protagonistes, le vieux sociologue, Glen Bateman, les affrontements entre communautés survivantes seront un passage obliger, la fameuse nature humaine – le fait que Stephen King y ait mêlé mysticisme, magie et religion (un peu trop à mon gout) gâche un peu l’ensemble ; et le récit post-apocalyptique du départ de se transformer en Seigneur des Anneaux moderne où Las Vegas serait le Mordor et Randall Flagg, Sauron. Alors certes, ce choix scénaristique aura certainement plu à bon nombre de lecteurs – du moins, c’est ce qu’il m’a semblé en lisant les diverses critiques de l’œuvre – mais personnellement, et même si j’ai apprécié Mère Abigaël et Randall Flagg (tous deux plutôt intéressants en soit et fort charismatiques), la fin du roman, trop fantastique à mon gout, sera venu gâcher mon appréciation finale. Alors du coup, et alors que tout cela était très bien parti, au final, j’aurais été finalement un peu déçu par Le Fléau, du moins, pour ce qui est du dernier tiers du roman, trop fantastique à mon gout. Alors bien sûr, et ceux qui me connaissent le savent bien, j’aime le fantastique, la science-fiction, la Fantasy, sauf qu’ici, à la base, nous avions un formidable récit post-apocalyptique qui aurait quasiment put se suffire a lui-même, sans qu’on lui ajoute une touche de fantastique et ce côté de lutte éternelle entre le bien et le mal, surtout que, comme on le voit a un moment donné du récit, finalement, si l’on prend les gens individuellement, il n’y a guère de différences entre les habitants des deux communautés ; sauf que King ne s’attarde guère sur le sujet et préfère expédié tout le monde au diable dans un final pour le moins explosif et meurtrier… Ce qui me fait penser à un autre défaut, toujours selon moi, du roman : le fait qu’ici, les morts des personnages, et elles sont nombreuses, ne sont pas toujours à la hauteur de nos espérances voir de l’importance de certains. Oui, dommage là aussi surtout quand je repense à certains d’entre eux. Bref, quelques défauts pour le moins majeurs à mes yeux mais qui, malgré tout, ne me font pas oublier toutes les qualités qu’il y a par ailleurs dans ce roman, surtout dans la première moitié de celui-ci, quasiment un modèle du genre, mais ces défauts, donc, auront fait que, pour moi, au lieu d’être un chef d’œuvre, Le Fléau n’est qu’un fort bon roman, enfin, c’est déjà pas mal…

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